X Chapitre 1 X
Makoto, quant à lui, réalisa son rêve et devint moine dans une abbaye près de la montagne. C'était un lieu de recueillement et il y coula de bonnes et calmes années sans aucunes nouvelles de ses anciens comparses.
Un beau jour de printemps, alors que les oiseauX s'en donnaient à c½ur joie, un groupe de pèlerins arriva au monastère. Parmi euX, un jeune homme tête baissée s'avançait péniblement sur le chemin. Il semblait avoir un poids énorme sur ses épaules musclées. Makoto songea : « Quel homme ! Sa peau a l'air si sensitive et ses bras si puissants. Que j'aimerais apaiser sa souffrance. » Le jeune moine rougit en se rendant compte de ce qu'il avait pensé. Enfin, depuis Takeo et Kaede, il s'était juré de ne plus entretenir de pareil pensée. En le voyant, il avait ressentit un pincement au c½ur et le souvenir de ses anciens amis fit couler sur sa joue une larme amère.
Tout à coup, il sursauta. Ce sentiment ... il ne l'avait ressenti que pour deuX personnes au monde. Non ! Impossible ! Ce ne pouvait être ça ! Il se précipita en courant de la tourelle où il faisait le guet. Mais, dans son empressement, il se prit les pieds dans sa soutane et il tomba jusqu'à arriver dans les bras du bellâtre brun. Celui s'eXclama en le dévisageant de la tête aux pieds : « Oh, Makoto ! Je n'ose y croire. » Mais comme son groupe s'était déjà éloigné, il du se résoudre à le planter là sans un mot de plus.
C'était l'heure des confessions et notre moine fut appelé à un confessionnal. Il espérait de tout son c½ur que Takeo (car c'était bien lui) y serait. Mais de nombreuX pèlerins passèrent devant lui sans qu'il ne reconnaisse la délicate voiX de son ancien compagnon de jeuX. Quant arriva la fin, il poussa un long soupir de découragement. Il allait s'en aller quand il entendit quelqu'un prendre place dans le confessionnal.
- Père, pardonnez-moi car j'ai péché
- Dis moi tout ce que tu as sur le c½ur et le Seigneur te pardonnera, dit-Makoto d'une voiX douce.
- Le Seigneur est bien bon. Je ... Père, j'ai pêché plus que tout autre. J'ai renié la personne que j'aimais pour tomber dans la débauche.
- Raconte moi, mon enfant. Je suis toute ouïe.
- Voilà ... Quand j'étais plus jeune, j'étais toujours en compagnie de deuX camarades qui étaient les plus chers à mes yeuX. Nous partagions tout. L'un était blond comme les blés et savait si bien m'écouter. L'autre était brun, plus fougeuX que nous deuX et si ... Mmmmh ... « gentil ».
- Continue mon fils, dit Makoto ému.
- Mais un jour nos chemins se sont séparés et je les ai perdus de vue. Arriva alors une période de déprime où j'étais dans un grand trou noir sans fond et je crus alors que je ne m'en sortirais jamais.
- Ne jamais dire jamais ... murmura Makoto
- Heureusement, mon ami d'enfance, qui était l'un de ces amis me sortit de cette abîme. Malheureusement, il m'entraîna dans une autre, celle de la luXure, du vice ... et du péché. Mais cette vie ne me satisfaisait pas. Elle ne parvenait pas à combler le vide en moi. C'est pourquoi je quittais tout et vint racheter mon âme par ce pèlerinage. Je m'en veuX énormément car, en plus de cela, j'avais trahi (je ne vous dirai pas comment) le serment que je leur avait fait il a bien longtemps : le serment des Triples X.
- Mon ... mon fils, vous ...vous êtes pardonné.
En percevant toute l'émotion dans sa voiX, Takeo en fut sûr. C'était bien son cher Makoto qui se tenait en face de lui. Des frissons lui parcoururent le dos et il ne pu retenir ces paroles : « Oh , mon cher Makoto ! Je voulaient tellement te revoir. » Des larmes perlèrent au coin des yeuX de Makoto. « Takeo, je ..., je... je ne peuX pas. » A ces mots, il sortit de la chapelle en courant soulevant les eXtrémités de sa robe ecclésiastique.